Valéry Zeitoun, incarnation flamboyante de l'industrie du disque, quitte la direction générale du label AZ, chez Universal Music. Son départ a été officialisé, jeudi 27 octobre, en fin de journée par un communiqué de Pascal Nègre, le patron de la plus importante major du disque.
Valéry Zeitoun était connu du public depuis sa participation à l'émission "Popstars" sur M6 en 2002, où il s'illustra par son franc-parler. On l'a vu aussi, dans le rôle d'un manager plus vrai que nature, dans le film Backstage (2005), d'Emmanuelle Bercot. Certains se souviendront sans doute encore d'une émission devenue culte, diffusée en 2009 sur Paris Première, "Soirée poker chez les Zeitoun", où, aux côtés de Caroline Diamant, Kool Shen, Dove Attia, Bruce Toussaint et Christophe, il flambait avec panache.
Il avait été nommé directeur du label AZ en 2002, où ont été publiés des albums d'Amy Winehouse, Grand Corps Malade, Catherine Lara, Christophe, Chimène Badi, Florent Pagny, Duffy, Kool Shen, U2... Alors que le communiqué d'Universal Music ne précise pas les raisons du départ de Valéry Zeitoun, plusieurs sites Internet évoquent des mauvaises performances récentes d'AZ.
La résiliation du contrat du chanteur Christophe après l'album Aimer ce que nous sommes, au budget de production impressionnant mais aux ventes modestes, en serait un des signes. Auquel s'ajouterait l'échec des deux éditions de l'opération "Je veux signer chez AZ", casting musical sur Internet en partenariat avec Facebook mis en place en 2010, dont sont sortis Victor Le Douarec, Mélissa Nkonda et Alias Hilsum, aucun fait n'ayant fait des étincelles..
SHOW-BIZ À L'ANCIENNE
Valéry Zeitoun, né en 1966, entra par hasard dans le monde de la musique. Après avoir raté deux fois son bac, il fut coursier, puis vendeur, avant de devenir l'attaché de presse de Cerrone, star déchue du disco. Pascal Nègre tomba sous le charme de ce titi au bagout phénoménal et en fit son homme à tout faire. En quinze ans, Zeitoun gravit tous les échelons du "métier". Costume blanc Galliano, Ray Ban aviator pour cacher ses yeux bleus délavés et cigare, ce mélange de Gatsby le Magnifique et d'Eddy Barclay devint vite, à l'heure d'Internet et du marketing triomphant, la dernière figure du show-biz à l'ancienne, celui du temps des fêtes, de l'argent facile et des voyages à Saint-Barth.
Dans son bureau trônait une immense photo du Rat Pack, la bande de fêtards autour de Frank Sinatra et Dean Martin, dont il se rêvait membre. Il organisait jusqu'au bout de la nuit des fêtes généreuses comme s'il était le dernier nabab d'une industrie musicale au bord du coma...